Depuis sa création en 1941, Wonder Woman s’est imposée comme l’une des figures les plus puissantes de l’univers des super-héros. Princesse des Amazones, guerrière forgée dans la mythologie grecque, elle incarne bien plus qu’un simple personnage de DC Comics : elle est un symbole culturel que chaque époque a réinterprété à sa manière. Du petit écran au grand, plusieurs actrices ont revêtu le costume étoilé de Diana Prince, chacune apportant sa propre lecture du personnage. Certaines ont marqué des générations entières, d’autres sont moins connues du grand public, mais toutes ont contribué à construire la légende de cette héroïne hors norme. Retour sur un parcours fascinant, rythmé par des décisions de casting audacieuses, des préparations physiques titanesques et des controverses qui dépassent largement les frontières du cinéma.
Des origines du personnage à la première actrice live-action
Wonder Woman naît sous la plume de William Moulton Marston, publié sous le pseudonyme de Charles Moulton, dans le numéro 8 du magazine All Star Comics en décembre 1941. Le personnage est pensé dès le départ comme une réponse féministe aux super-héros masculins qui dominaient alors les pages des comics américains. Princesse Diana de Themyscira, formée au combat par les Amazones, elle porte un lasso de vérité, des bracelets indestructibles et une tiare qui fait office d’arme de lancer. Un arsenal symbolique autant que guerrier, qui dit beaucoup sur les intentions narratives de son créateur.
Il faudra attendre 1974 pour voir le personnage prendre vie à l’écran dans un téléfilm diffusé sur la chaîne américaine ABC. C’est Cathy Lee Crosby qui en est la première interprète en prise de vues réelles. Dans cette version réalisée par Vincent McEveety, Diana Prince adopte une couverture d’agente secrète pour infiltrer une organisation criminelle à Rio de Janeiro, chargée de démanteler un réseau de vol de codes secrets du Pentagone. Le traitement est loin de l’esprit originel des comics : pas de tenue iconique, pas de pouvoirs surhumains affirmés, une héroïne davantage proche d’une espionne que d’une guerrière divine. Cette adaptation reste néanmoins fondatrice dans l’histoire de l’incarnation du personnage à l’écran.
Le vrai tournant survient un an plus tard, en 1975, lorsqu’une nouvelle série télévisée est lancée. Lynda Carter prend le rôle et le transforme en phénomène culturel. Pendant trois saisons et soixante épisodes diffusés jusqu’en 1979, elle incarne Diana Prince avec une présence scénique et une élégance qui marquent durablement l’imaginaire collectif. Dans l’univers de la série, son personnage est présenté comme ayant vécu plus de deux mille ans, ce qui donne une dimension mythologique au récit. Lynda Carter reste encore aujourd’hui une référence absolue pour des millions de fans à travers le monde, une icône qui transcende la simple télévision pour devenir un symbole générationnel.

Gal Gadot et la conquête du grand écran
Quand Warner Bros. annonce en décembre 2013 le casting de Gal Gadot pour incarner Wonder Woman dans l’univers cinématographique DC, la nouvelle fait l’effet d’une bombe dans la communauté des fans. Née le 30 avril 1985 à Petah Tikva en Israël, l’actrice est alors surtout connue pour ses apparitions dans la saga Fast & Furious. Ancienne Miss Israël 2004, elle a également effectué son service militaire obligatoire en tant qu’instructrice en préparation physique et combat. Un profil atypique pour un rôle de cette envergure, qui suscite d’abord le scepticisme avant de susciter l’admiration.
Une préparation physique hors du commun
Pour se transformer en guerrière amazone crédible, Gal Gadot suit pendant six mois un programme d’entraînement intensif quotidien. Deux heures consacrées aux arts martiaux, avec du kung-fu, du kickboxing et du jiu-jitsu. Deux heures dédiées aux chorégraphies de combat, méticuleusement conçues pour être lisibles et spectaculaires à l’écran. Deux heures d’équitation. Le tout encadré par un régime alimentaire strict. Cette rigueur physique donne au personnage une authenticité corporelle que les effets numériques seuls ne peuvent pas générer.
L’anecdote la plus frappante de ce tournage reste celle des scènes additionnelles filmées en novembre 2016. Gal Gadot est alors enceinte de cinq mois. Plutôt que de reporter le tournage, la production opte pour une solution technique : une feuille de tissu vert appliquée sur le ventre de l’actrice, effacée ensuite en postproduction. Une décision qui illustre à la fois la flexibilité des équipes modernes et la détermination de l’actrice à honorer ses engagements. En version française, c’est Ingrid Donnadieu qui prête sa voix au personnage, ajoutant une dimension supplémentaire à cette incarnation collective.
Au total, Gal Gadot apparaît dans sept productions DC sous les traits de Diana Prince. De Batman v Superman : L’Aube de la Justice en 2016 à The Flash en 2023, en passant par les deux volets solo réalisés par Patty Jenkins et le Zack Snyder’s Justice League sorti en 2021. Une longévité dans un rôle qui témoigne de la solidité avec laquelle elle a su s’approprier le personnage.
Reconnaissance, récompenses et controverses internationales
Le film Wonder Woman de 2017, réalisé par Patty Jenkins, est un succès critique et commercial. Il réunit autour de Gal Gadot un casting solide : Chris Pine dans le rôle de Steve Trevor, Connie Nielsen en reine Hippolyte, Robin Wright en générale Antiope, et David Thewlis en Arès. Le projet a lui-même une histoire mouvementée : Michelle MacLaren avait été attachée à la réalisation dès 2014 avant de quitter le projet en 2015 pour désaccords artistiques. Joss Whedon avait également été pressenti dès 2005, sans aboutir.
En 2018, Gal Gadot reçoit le Saturn Award de la meilleure actrice pour ce rôle, ainsi que deux Teen Choice Awards en 2017. Une reconnaissance critique qui valide un pari de casting audacieux. Pourtant, le film se heurte à des obstacles diplomatiques inédits : interdit au Liban, déprogrammé en Tunisie et en Algérie, et interdit au Qatar, notamment en raison des prises de position publiques de l’actrice concernant le conflit israélo-palestinien en 2014. Le personnage de Wonder Woman dépasse ainsi les frontières de la fiction pour devenir un enjeu géopolitique réel, ce qui n’est pas sans rappeler combien la culture populaire peut être chargée de sens.
Pour explorer d’autres trajectoires d’actrices qui se sont emparées de rôles de super-héroïnes complexes, il est intéressant de consulter les actrices qui ont joué Harley Quinn, un autre personnage emblématique de l’univers DC ayant lui aussi traversé plusieurs générations d’interprètes.
Les voix animées et les visages oubliés de Diana Prince
Wonder Woman n’existe pas seulement dans l’espace du live-action. L’animation a joué un rôle crucial dans la perpétuation du mythe, en offrant au personnage une continuité narrative entre les grandes productions cinématographiques ou télévisées. C’est dans cet espace que d’autres artistes ont forgé leur propre lien avec Diana Prince, souvent avec une fidélité remarquable à l’esprit des comics.
Susan Eisenberg est la voix anglophone de référence dans l’univers animé DC. Elle double le personnage depuis 2001 dans la série d’animation Justice League, produite dans le cadre du DC Animated Universe. Elle reprend le rôle dans plusieurs longs-métrages animés, dont Superman/Batman : Public Enemies et Superman/Batman : Apocalypse. Sa voix grave et assurée donne une profondeur psychologique au personnage qui complète parfaitement les versions visuelles live-action. Pour des millions de fans, c’est d’ailleurs cette voix qui reste la plus associée à l’essence de Diana Prince.
Entre 2015 et 2021, Rosario Dawson prend à son tour le relais en doublant Wonder Woman dans plusieurs productions animées DC. Connue pour ses rôles dans de nombreuses séries Netflix, elle apporte une énergie différente au personnage, plus contemporaine. Sa participation illustre comment l’animation reste un terrain d’expérimentation et de renouvellement pour les personnages iconiques des comics.
Ce voyage à travers les différentes formes d’expression culturelle montre que Wonder Woman est bien plus qu’un simple rôle : c’est un héritage que chaque actrice, qu’elle joue ou double le personnage, reçoit et transforme à sa manière. Voici un récapitulatif des principales incarnations du personnage à l’écran :
- Cathy Lee Crosby — Téléfilm ABC (1974), première apparition live-action du personnage
- Lynda Carter — Série télévisée Wonder Woman (1975-1979), 60 épisodes sur 3 saisons
- Susan Eisenberg — Voix anglophone dans le DC Animated Universe depuis 2001
- Rosario Dawson — Voix dans plusieurs productions animées DC entre 2015 et 2021
- Gal Gadot — Univers cinématographique DC (2016-2023), 7 productions au total
Au-delà des noms, ce qui frappe dans cette liste, c’est la diversité des profils. Des actrices de séries, des championnes de beauté reconverties en guerrières, des comédiennes de doublage qui construisent leur propre interprétation dans l’ombre des projecteurs. Chaque époque a produit sa propre Wonder Woman, reflet des attentes et des représentations de son temps. Et si l’on s’intéresse plus largement aux univers geek et à leur rapport aux femmes emblématiques, certains parallèles avec la culture libre et collaborative sont aussi éclairants pour comprendre comment les mythes évoluent collectivement.
Le personnage créé par Marston en 1941 a traversé huit décennies sans perdre de sa puissance. C’est rare pour un personnage de fiction, et cela dit beaucoup sur la solidité des fondations posées dès l’origine. Diana Prince n’appartient à aucune actrice en particulier : elle appartient à celles qui ont su, chacune à leur façon, lui donner vie.
Qui a été la première actrice à jouer Wonder Woman à l’écran ?
C’est Cathy Lee Crosby qui a incarné Wonder Woman pour la première fois en prise de vues réelles, dans un téléfilm diffusé sur la chaîne ABC en 1974. Son interprétation s’éloignait sensiblement des comics originaux, présentant Diana Prince davantage comme une agente secrète que comme une guerrière amazone dotée de pouvoirs divins.
Combien de films Gal Gadot a-t-elle tournés en tant que Wonder Woman ?
Gal Gadot a incarné Diana Prince dans sept productions DC au total, de Batman v Superman : L’Aube de la Justice en 2016 jusqu’à The Flash en 2023, en passant par les deux films solo Wonder Woman et le Zack Snyder’s Justice League.
Pourquoi le film Wonder Woman de 2017 a-t-il été interdit dans certains pays ?
Le film a été interdit au Liban, déprogrammé en Tunisie et en Algérie, et banni au Qatar, principalement en raison des prises de position publiques de Gal Gadot en 2014 au sujet du conflit israélo-palestinien, ainsi que de son service militaire dans l’armée israélienne.
Quelle actrice double Wonder Woman dans les productions animées DC ?
Susan Eisenberg est la principale voix anglophone du personnage dans le DC Animated Universe depuis 2001, notamment dans la série Justice League. Rosario Dawson a également prêté sa voix à Diana Prince dans plusieurs productions animées entre 2015 et 2021.
Comment Gal Gadot s’est-elle préparée physiquement pour incarner Wonder Woman ?
Gal Gadot a suivi six mois d’entraînement intensif quotidien, comprenant deux heures d’arts martiaux (kung-fu, kickboxing, jiu-jitsu), deux heures de chorégraphies de combat et deux heures d’équitation, le tout encadré par un régime alimentaire strict. Elle a également tourné certaines scènes additionnelles alors qu’elle était enceinte de cinq mois.

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